2 « Trump » : J'ai longuement réfléchi à l'endroit où je devais le classer. Avec ses répétitions incessantes des mêmes mensonges, il s'est clairement qualifié pour figurer ici. Le nœud du problème, c'est qu'il ne s'agit pas du tout de lui. Que ce genre de personnes stupides et mégalomanes – ce trouble ne s'appelle pas « « mégalomanie » – et, hum, malheureusement surtout chez les hommes – n’est pas une nouveauté, au moins depuis Néron. Il s’agit plutôt du peuple américain. Ce modèle de démocratie qui nous a tous servis pendant très longtemps a complètement échoué. Il ne fait d’ailleurs aucun doute que nous allons conteur de fables (magnifique, cette tête souvent penchée sur le côté et ce chantonnement qui monte et descend) dans un avenir pas trop lointain, mais la question importante est : qu’est-ce qui aura changé après l’homme à la peau orange, qu’est-ce qui aura été détruit au sens strict, et qu’il faudra des décennies pour reconstruire ? Pour l’instant, les répercussions ne sont pas encore prévisibles ; il semble même possible que la Chine et la Russie se partagent le globe. À l’heure actuelle, je ne pense pas qu’il soit possible que l’Europe puisse parler d’une seule voix et agir de manière cohérente – comme cela serait nécessaire. Et c’est peut-être cela qui fera pencher la balance et déterminera dans quelle direction toute cette affaire va basculer. Pour beaucoup, il y a une bonne nouvelle : le climat sera un problème secondaire pendant longtemps.
Le lendemain : le monde retenait son souffle. Et ce qui s’est produit, c’est ce à quoi certains s’attendaient, mais pas la plupart : une fois de plus, ce n’était qu’une mise en scène. Sans compter qu’on se réjouit beaucoup que le peuple iranien ait encore une chance, et sans compter qu’il est en effet possible que les États-Unis aient vu trop grand, on constate une fois de plus que ce comportement idiot et ces discours belliqueux, inhumains et délirants ont du succès. Peut-être est-ce dû au fait que les partis politiques ici partagent la même mentalité. Il reste toutefois la joie de savoir qu’une escalade catastrophique a une nouvelle fois pu être évitée.